Départ de Bernard Tétu

3 questions à...
22/12/2016
© Jean-Luc Fortin
       

Spirito : Vous quitterez vos fonctions de directeur artistique au sein de Spirito en janvier 2017, comment avez-vous perçu ces derniers concerts ?
Bernard Tétu : Derniers concerts au sein de Spirito certes, mais pas derniers concerts... enfin, j’espère ! Il est vrai que je suis un peu triste de quitter la direction d’un ensemble d’une telle qualité avec lequel j’ai créé beaucoup de choses, et avec qui j’ai des relations de réelle complicité. ­­­­Au cours de mes récents concerts (Via crucis de Liszt, Stabat Mater de Dvorak, Petite Messe solennelle de Rossini), j’ai pu partager, avec les interprètes et les auditeurs, de grandes émotions musicales. J’ai pu vérifier aussi qu’un véritable ensemble de solistes (et je veille à ce que chaque chanteur garde sa personnalité au sein de l’ensemble) est un outil exceptionnel, et qu’il suscite l’enthousiasme des auditeurs. J’ai toujours eu beaucoup de plaisir à faire ce "métier" : réunir des musiciens qualifiés et ouverts, leur faire partager mes idées et mes émotions, mais aussi profiter de leurs propositions et de leur expérience. J’aime beaucoup aussi ma fonction d’interprète : rentrer dans une œuvre et la défendre comme si c’était la mienne. La travailler inlassablement pour qu’elle devienne familière et naturelle pour tous les musiciens que je dirige et pour qu’elle touche les auditeurs avec leur sensibilité actuelle, pour qu’elle leur devienne en quelque sorte ..." contemporaine " !

S : Votre ensemble les «Chœurs et Solistes de Lyon-Bernard Tétu» va donc s’éteindre ?
BT : Oui et non, car le travail de fond a porté ses fruits et se poursuit. ­­ à la demande de Serge Baudo, j’ai créé le chœur de l’Orchestre national de Lyon en 1979, et, plus de 35 ans après, le travail de "mes" chanteurs se poursuit avec l’Orchestre, à travers Spirito, dans des programmes symphoniques de qualité. La musique contemporaine elle aussi continue à être bien présente avec Nicole Corti. Avec le chœur de chambre, puis avec l’ensemble de solistes, j’ai eu grand plaisir à construire des formes de concerts originales, avec la complicité d’autres artistes (metteurs en scène, chorégraphes, plasticiens...). J’ai eu le bonheur de créer des spectacles complets dans lesquels poésie et humour avaient leur place (je pense particulièrement à Festin de musiques, La belle fête, Les Conjurées de Schubert, Les Folies d’Offenbach...). Ce qui était une complète nouveauté a été repris au niveau national par plusieurs ensembles. On peut donc dire que le nom «Chœurs et Solistes de Lyon-Bernard Tétu» ne sera donc plus accolé à Spirito, mais l’esprit, je l’espère, sera toujours là. J’ai toujours travaillé dans un souci de transmission, en ayant à cœur d’inscrire mon travail dans la durée. Je suis heureux de pouvoir laisser un héritage musical et humain, qui je l’espère, continuera à se développer... De plus, une bonne cinquantaine de mes anciens élèves sont aujourd’hui en exercice et font un excellent travail en France et à l’étranger. Sans même parler de références religieuses, le thème Mort et Resurrection est central pour qui aime la musique romantique ! Les réalités se transforment, certaines disparaissent pour renaître sous une autre forme.

S : On comprend donc que votre «retraite» ne sera pas silencieuse, quels sont vos futurs projets ?
BT : Pour un musicien, comme pour tout autre artiste, le mot retraite ne signifie pas grand chose ! C’est plutôt un changement de statut ou de fonctions. Je travaille actuellement à la conception d'une rencontre musicale et picturale entre Courbet et Berlioz, pour le Musée Courbet à Ornans. Ce spectacle sera ensuite repris à Genève. Pour fêter les 50 ans de la création de la Maison de la culture de Thonon-les-Bains, je dirigerai, en mai prochain, la cantate Saint-Nicolas de Britten avec un très bel orchestre de jeunes et un grand chœur. Un peu plus tard, je dirigerai, à Toulouse, le Stabat mater de Dvorak dans sa 2ème version avec grand chœur et orchestre symphonique. Je continue également à diriger le festival des Voix du Prieuré au Bourget-du-lac, que j’ai créé il y aura bientôt 15 ans . En parallèle, je vais continuer à donner des masterclasses de direction à l’Académie internationale de Lyon et à l’Abbaye de Sylvanes. Ces rencontres sont suivies par un nombre grandissant de jeunes chefs français et étrangers. En bref, je vais donc continuer ma vie de musicien comme chef invité et comme partenaire dans la construction de projets originaux.­­

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