5 questions à...

Julie Desprairies
11/06/2017
© Philippe Merle
       

Nourrie par l’architecture et la danse, Julie Desprairies aborde dans ses différentes créations s’inscrivant dans des lieux publics, une danse appliquée révélant « le mouvement des lieux ». Elle s’intéresse également aux gestes du travail, qui deviennent matières à composer. Ses pièces intègrent ainsi très souvent les personnes rencontrées in situ, faisant ainsi avec les citoyens œuvres communes.

Qu’est-ce qui vous a incité à concevoir la mise en espace et en mouvement de cet opéraLe petit ramoneur, dans un contexte sans doute un peu différent de ce que vous réalisez habituellement ?
Le Petit ramoneur est le premier opéra que j'ai fait écouter à ma fille. Je suis particulièrement touchée par le choix de Britten de mettre des enfants dans la position de créateurs d'un opéra, de leur donner les rôles solistes et de faire chanter le public. On peut écrire une musique savante qui s'adresse à tous, nous dit-il. Je suis évidemment enchantée de l'invitation de Spirito d'en donner à entendre le mieux possible la partition.

Il y aura plus de 200 musiciens sur scène, cela induit-il un rapport à l’espace et un projet visuel spécifiques ?
Parce qu'ils sont nombreux, j'ai imaginé les enfants du chœur comme le décor vivant de l'action chantée par les solistes. Ils font donc des mouvements ou déplacements qui viennent renforcer — de manière plus ou moins abstraite — le jeu des chanteurs solistes. Et quand ils chantent, je les laisse profiter du plaisir de chanter sans ajouter des choses à faire !

Est-ce que la dramaturgie et la musique de cette œuvre vous inspire des gestes en particulier ?
Certaines intentions sont illustratives : lancer un vêtement en l'air pour exprimer la joie, traverser la scène en tous sens pour symboliser le rangement, changer de costumes pour le bain... Il y a aussi pour moi des évidences rythmiques ou mélodiques : déformer le corps et le visage sur le duo des affreux Bob et Clem, faire des gestes frénétiques qui accompagnent la gouvernante Miss Baggott, des gestes de menaces qui incarnent la violence de la situation...

Comment travaillez-vous avec les enfants ?
Nous avons peu de temps avec chacun d'entre eux, et pourtant je cherche à éviter la simple transmission de gestes, de consignes. Elise Ladoué, mon assistante, et moi-même travaillons d'abord sur des notions scéniques générales (écoute du groupe, prise en compte de l'espace, exercices rythmiques...), puis nous expliquons aux enfants les partis-pris de mise en scène. Après quoi, nous leur apprenons certains gestes et leur faisons créer certains autres. Enfin, nous dirigeons l'ensemble du chœur, Nicole au chant et moi à la mise en scène.

Qu’est-ce qui vous touche plus particulièrement lorsque vous travaillez avec des publics « non initiés » ?
L'ouverture d'esprit qu'ils m'apportent. Cela paraît banal à dire, mais nous sommes tous, nécessairement, enfermés dans les milieux qui nous sont familiers. Faire danser des agriculteurs, des architectes ou, récemment, des botanistes, me déplace chaque fois.

Le petit Ramoneur de Benjamin Britten
dimanche 3 septembre - 18H
La Côté Saint-André
Festival Berlioz

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