Bernard Tétu

Les dernières dates
08/09/2016
Les dernières dates
     

En janvier 2017, Bernard Tétu quittera ses fonctions de directeur artistique au sein de Spirito et la page des Chœurs et Solistes de Lyon se tournera doucement. Avant de vivre une grande soirée d’adieux et 48h de « Happy Days » dédiés à la voix à l’Auditorium de Lyon, la phalange donnera avec son ensemble de solistes deux des œuvres les plus emblématiques de son parcours : la Petite Messe solennelle de Rossini et le Stabat Mater de Dvorak.

Petite Messe solennelle de Rossini

Œuvre ultime de Rossini, la Petite Messe solennelle est également l’œuvre qui a été le plus interprétée par Bernard Tétu. En donnant plus de 100 fois cetteMesse, le maestro et son ensemble de solistes auront fait résonner nombre des plus prestigieux lieux dédiés à la musique : La Monnaie de Bruxelles, l’Opéra de Leipzig, le Festival international de piano de La Roque d'Anthéron, la Cité de la Musique à Paris, le Palazzetto Bru Zane à Venise, le Festival d’Edmonton au Canada…
Pour cette dernière saison au sein de Spirito, Bernard Tétu lèvera sa baguette lors du « Septembre musical de l’Orne » et du festival « Tango, Swing et Bretelles » pour diriger une ultime fois son ensemble de solistes. La Messe y sera présentée dans une mise en scène discrète qui tente de reproduire l’atmosphère d’un grand salon parisien (son cadre de création, à l’occasion de la crémaillère de l’hôtel particulier du comte et de la comtesse Pillet-Will).
Rossini désigne sa Petite Messe comme «le dernier péché mortel de [s]a vieillesse». Comme pour se faire pardonner d’avoir négligé le Créateur dans une bonne partie de son œuvre féconde, il lui adresse une dédicace en forme de boutade : «Bon Dieu... la voilà terminée, cette pauvre petite messe. Est-ce bien de la musique sacrée que je viens de faire, ou bien de la sacrée musique ?»
Le titre lui-même est une raillerie : «Petite» Messe... : l’œuvre dure près d’une heure et demie et les genres s’y télescopent, avec une candeur et un sérieux qui ne peuvent qu’émouvoir.
Petite, la Messe l’est en revanche par son effectif (12 chanteurs), ce qui permet de valoriser l’ensemble de solistes tel que Bernard Tétu l’avait imaginé en créant son ensemble en 1979. 

Une exécution mémorable de « Petite Messe solennelle » de Rossini par les Chœurs et Solistes de Lyon (…) douze chanteurs, tour à tour, épatants. Le Monde, Renaud Machart

Rossini conçoit sa messe dans le contexte des Pêchés de Vieillesse, avec « simple » accompagnement de piano. Par la suite, il ajoute l’harmonium à l’accompagnement primitif pour piano pour doubler les voix et fournir un « matelas » sonore, sorte de petite harmonie. L’accordéon, cousin technique de l’harmonium, était aussi un instrument prisé des salons du 19e avant de devenir un instrument « populaire ». Ainsi, Pascal Contet, accordéoniste de talent et Didier Puntos, pianiste virtuose, accompagneront les Chœurs et Solistes de Lyon comme l’ont fait par le passé Marie-Josephe Jude, Jean-Claude Pennetier, Philippe Cassard, Georges Pludermacher, Alain Neveu, Noel Lee, Paul Couëffé…

Samedi 01 octobre 2016 à 20h30
Bellême (61) - Eglise, Septembre musical de l'Orne

Dimanche 09 octobre 2016 à 16h00
Montceau-les-Mines (71) - L’embarcadère, Festival Tango, Swing et Bretelles

     
     

Stabat Mater de Dvorák

Autre œuvre phare de la carrière de Bernard Tétu, le Stabat Mater de Dvorák permet également de valoriser la diversité des sonorités de son ensemble de solistes car sur toute la durée de l’œuvre , les parties vocales sont extrêmement riches, variées et colorées. Après avoir dirigé plusieurs fois le Stabat Mater dans sa version symphonique, Bernard Tétu lui préfère sa version originale pour piano, chœur et solistes. Avec une écriture offrant une vision intimiste et plus émouvante du chef d’œuvre, cette version est constituée de sept mouvements ramassés, accompagnement par un seul piano solo. Composée au printemps 1876, après le décès de la fille du compositeur, elle sera consignée au fond d’un tiroir jusqu’en 1877. A la mort de ses deux autres enfants, Antonín Dvorák reprend son travail, l’étoffe de trois nouveaux développements et orchestre le tout. Cette seconde mouture de l’œuvre sera créée à Prague en 1880 et éditée par Simrock en 1881. La partition originelle ne sera jamais exécutée du vivant du compositeur. Exhumée d’une collection privée et minutieusement reconstituée par le compositeur et musicologue tchèque Miroslav Srnka, elle ne sera éditée qu’en 2004.
On comprend que le célèbre poème latin duStabat Mater, attribué au moine franciscain Jacopone da Todi et qui a inspiré tant d’autres compositeurs, ait également servi à Dvorák pour exprimer sa douleur. Le texte latin, évoquant la souffrance de la mère du Christ crucifié, a ouvert les sources profondes de son inspiration et lui a permis d’atteindre au sublime. Le musicologue Guy Erismann remarque que l’image de la « Mater Dolorosa » que nous donne Dvorák est loin d’une glorification éblouissante d’une mère céleste et inaccessible.

« Dvorák est un homme du peuple, un Tchèque accroché à sa terre dont le regard se porte avant tout sur l’humanité proche et présente. Le poème de Jacopone da Todi peut être facilement ramené à cette dimension simple et bouleversante. Le sujet est avant tout la mère souffrante, la mère du fils de l’homme et non celle du fils de Dieu. » Guy Erismann

Le succès quasi immédiat du Stabat Mater a hissé Antonín Dvorák parmi les plus grands compositeurs de musique sacrée dans le monde et l’a imposé notamment en Grande-Bretagne, pays où sa gloire n’allait plus se démentir. Lors du prochain festival de musique de Besançon, le pianiste Alain Jacquon succédera à Jean-Claude Pennetier, Marie-Josèphe Jude et Philippe Cassard avec qui Bernard Tétu et ses Chœurs et Solistes de Lyon ont déjà interprété le Stabat Mater.

Lundi 12 septembre 2016 à 20h00
Besançon (25) - Cathédrale, Festival de Musique de Besançon

> Retour aux actus

Suivez-nous !
Inscrivez-vous à la newsletter !
  • Spirito
  • 21, rue d'Algérie - 69001 Lyon
  • 04 72 98 25 30