Mahler, résurrection – Auditorium de Lyon
Lorsque Mahler joua la marche funèbre initiale de la Deuxième Symphonie au piano devant le chef d’orchestre Hans von Bülow, celui-ci se montra sidéré et déclara qu’en comparaison Tristan et Isoldede Wagner ne lui semblait «qu’une petite symphonie dans le style de Haydn»… Et ce n’est là que le premier de cinq mouvements placés sous le signe de la démesure. Mahler emploie un orchestre énorme, réclamant «le contingent de cordes le plus large possible». Il ajoute deux voix solistes et un chœur fourni pour ajouter aux notes le verbe. Dans le quatrième mouvement, «Urlicht» [«La Lumière originelle»], il emprunte un des lieder qu’il a composés d’après les poèmes populaires du recueil Le Cor merveilleux de l’enfant et demande que l’alto le chante «comme un enfant au paradis». Mais dans le finale, apothéose de cette longue ascension, l’effectif est au complet, augmenté même par une fanfare et le tutti de l’orgue à pleine puissance. Encore plus ? Il y a bien la Huitième Symphonie du même Mahler, dite «des mille» ; mais avec la Résurrection, déjà, on frise le maximum.
Photo © Fred Mortagne
Gustav Mahler
Symphonie n° 2, «Résurrection»
Orchestre national de Lyon
Chœur Spirito
Jeune Chœur de Lyon
préparation : Thibaut Louppe
Nikolaj Szeps-Znaider direction
